Rénovation énergétique : le collectif Rénovons prend position et réagit vigoureusement

Dans une tribune du Monde en date du 16 juillet 2026, Damien Barbosa, le coordinateur du collectif Rénovons, a recentré le débat sur les mérites respectifs et les interactions des différentes approches en matière de rénovation du parc immobilier et de transition énergétique vers une décarbonation progressive de l’habitat.


Il réagissait à une tribune antérieure de Cédric Philibert parue le 6 juillet.


Ce dernier, consultant indépendant dans les domaines de l’énergie et du climat, chercheur associé au Centre Énergie & Climat de l’IFRI (Institut Français des Relations Internationales) et président de l’association ‘Avenirs énergétiques’, avait mis en doute les mérites de l’isolation thermique qui « … garde la chaleur à l’intérieur (du volume habitable en été) ». Dans sa tribune, Philibert n’avait pas été avare de commentaires polémiques. À l’en croire, l’isolation thermique serait « impuissante » et « contre-productive » en matière de confort estival. Elle aurait aussi « du plomb dans l’aile » sur le plan général, en raison de son « efficacité (…) modeste ». Selon lui, la pompe à chaleur (PAC) serait la vraie solution, « efficace quel que soit l’état du bâtiment ».


À ce postulat, Damien Barbosa oppose une réponse catégorique : « Cette affirmation est contraire à la physique du bâtiment ».

Pour lui, alors que les vagues de chaleur se succèdent plus que jamais, le débat – qui continue de tourner autour des mérites respectifs (ou combinés, ou exclusifs) des PAC et de l’isolation thermique des logements – est devenu exaspérant. Or tant la situation que la réponse devraient être très claires.


En fait, la contribution potentielle des PAC à la décarbonation est considérable et incontestable. Mais elles ne sont pas, et ne seront jamais, une alternative à l’isolation thermique des logements – même si la transition énergétique passe assurément par la substitution à large échelle des chaudières fonctionnant aux énergies fossiles par des PAC réversibles.


Mais aucune PAC ne réduit les déperditions thermiques en elles-mêmes. Elle n’améliorera, à elle seule, ni les problèmes de confort d’hiver liés au ponts thermiques (phénomène des ‘murs froids’, condensation), ni salubrité du logement (problème des moisissures), et ce au prix d’un coût de fonctionnment substantiel sur une base annuelle. Aussi restera-t-elle sans effet direct sur la précarité énergétique des ménages à revenus faibles ou modestes. Elle pourrait même, utilisée isolément, aggraver cette dernière.


De la même façon, l’isolation thermique – si elle est une composante indispensable de la rénovation énergétique – ne suffira pas, à elle seule, à assurer le confort – et tout particulièrement le confort d’été. Avant tout recours à une climatisation, il passe non seulement par l’isolation des parois opaques, mais également par l’équipement adéquat des parois vitrées, la ventilation, et diverses habitudes à prendre par les occupants. L’isolation thermique n’en demeure pas moins incontournable– et l’ITE, grâce au principe de l’enveloppe qui éimine les ponts thermqiues à la source, s’impose naturellement,


Les travaux du collectif Rénovons ont établi qu’une rénovation énergétique bien menée, même sans recours à un refroidissement actif,


- divise par 3 les jours de chaleur excessive


- réduit d’environ 5 ºC la température intérieure en été


- maintient un écart d’environ 10 ºC entre température intérieure et extérieure durant la saison chaude.


Dans ce contexte, Damien Barbosa rappelle que l’isolation thermique ne « garde » pas la chaleur : elle ralentit les transferts thermiques dans les deux sens.


Privilégier les pompes à chaleur sans isoler, pour Barbosa, c’est


- traiter l’effet sans traiter la cause,


- garder inchangés, voire augmenter, les besoins en énergie (un problème qui affecte en particulier le budget des personnes les plus démunies, de plus souvent logées dans les immeubles les plus mal isolés),


- exposer plus que jamais les Français aux fluctuations des coûts de l’énergie – et aux vicissitudes géopolitiques qui contribuent à les engendrer.


Seule l’isolation thermique peut ralentir, en été, les transferts de chaleur vers l’intérieur de l’habitation, les différer partiellement sur la durée du cycle nocturne/diurne, et réaliser de véritables économies d’énergie toute l’année. Elle est par conséquent au cœur de toute approche raisonnée et responsable de la situation globale, tant en matière d’efficacité énergétique que de confort en toute saison.


Or, conclut Damien Barbosa, un principe demeurera inchangé demain comme aujourd’hui : dans le cadre de toute transition énergétique réussie, la meilleure énergie restera toujours celle qui n’a pas été consommée. 

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