Le Blog du Mur Manteau

Le 15 avril 2026, une réunion des associations membres de l’EAE – dont le Mur Manteau fait partie – a été l’occasion de faire le point sur les évolutions du paysage politique, économique et réglementaire dans les différents pays, et sur leur impact sur le marketing de l’ITE au niveau européen. Un constat préoccupant Les répercussions du contexte géopolitique sur les approvisonnements énergétiques de l’Union Européenne sont considérables. Sur 44 jours seulement et à la suite du conflit en Iran, les dépenses en énergie importée des pays membres ont fait un bond de 22 milliards d’euros. Cela donne à la réduction de la demande une urgence indéniable. La Présidente de l’UE, Ursula von der Leyen, a qualifié tout récement la rénovation énergétique des bâtiments comme un « levier majeur » de cette démarche. Ralf Pasker, le Président de l’EAE, a formé le vœu que, vu les circonstances, les économies d’énergies retrouvent leur statut prioritaire dans les différents pays. Il précisait : « Ces 22 milliards sont littéralement partis en fumée. Ils auraient pu être investis de façon bien plus pertinente et durable dans des mesures concrètes de réduction des dépenses énergétiques. Combien de m² de façades auraient pu être isolés en ETICS pour un montant équivalent ? ». Des évolutions qui ne vont pas toutes dans le bon sens En matière de changement de priorités, la France n’est pas seule, Dans plusieurs autres pays européens, l’accent est mis dans l’intervalle sur la décarbonation par substitution des systèmes de chauffage à énergies fossiles par des systèmes électriques – essentiellement des pompes à chaleur. C’est le cas notamment en Irlande et en République Tchèque. En parallèle et comme en France, cette évolution s’est parfois faite au détriment des aides à l’isolation thermique ; c’est notamment le cas en Autriche. En Italie également, les incitations financières à la rénovation énergétique se sont beaucoup réduites. Aux Pays-Bas en revanche, l’accent a été mis, y compris par l’assocation représentant les ETICS, le BVP, sur la synergie entre isolation thermique et pompes à chaleur comme étant la solution idéale aux défis actuels. En Espagne également, divers ‘Plan Nacional’ se conjuguent pour mener de front un passage à l’électrification, des économies d’énergie et la réhabilitation systématique des constructions anciennes très déperditives. Mais ces différentes directives restent imprécises au niveau des solutions pratiques. Un défi pour l’EAE : faire des ETICS une priorité à part entière, indépendamment des aides et mesures incitatives Pour Ralf Pasker, il faut s’interroger sur les moyens de rendre les ETICS plus attractifs en eux-mêmes pour les maîtres d’ouvrage, les investisseurs et les acteurs du monde politique – sans recours à des exigences réglementaires et à des dispositifs de subventionnement. Actuellement, le secteur de l’ITE est vulnérable, parce qu‘il est à la merci d’un revirement des priorités au niveau des gouvernements et des diverses instances institutionnelles. De plus, nombre d’acteurs restent focalisés sur l’amortissement des investissements dans l’isolation thermique – bien que l’isolation ait un impact qui va bien au-delà d’un calcul sommaire du ROI. Il doit inclure notamment le confort, la qualité de vie, une indépendance énergétique accrue et une réduction des impondérables relatifs aux perturbations géopolitiques. Un profil plus attractif à l’égard des cibles institutionnelles Dans le cadre du marketing de l’EAE et compte tenu de la situation, l’ITE doit se positionner également en termes d’impact socioéconomique. C’est un aspect a priori plus sensible et plus décisif pour les décideurs du monde politique que le calcul des mètres carrés annuels de façades isolées en ITE – une valeur peu parlante pour des interlocuteurs qui ne sont pas fanmliers des volumes et des chiffres du secteur. À l’inverse, une compilation au niveau eurpéen qui permettrait d’évaluer les effectifs et les revenus liés à l’ITE – non seulement directement au niveau des fabricants, mais également fondés sur les chiffres agrégés de toutes les parties prenantes de la filière – pourrait s’avérer plus explicite, et par là plus prometteuse. En effet, les chiffres issus d’une telle compilation interpelleraient beaucoup plus directement les acteurs institutionnels. Cela étant, un travail sur les instruments requis et la disponibilité des données pour une telle approche reste à faire à ce stade. L’EAE se propose d’approfondir les possibilités dans ce domaine, afin de donner, à moyen terme, un relief accru à la contribution de la filière au tissu économique.

Avec une prescience presque troublante – à la lumière des évènements les plus récents – le Forum Économique Mondial identifiait, en janvier dernier et à la veille de sa réunion annelle à Davos, la confrontation géoéconomique comme étant le « principal risque mondial pour 2026 ». Tout juste quelques semaines plus tard, et sous la poussée d’un conflit au Moyen-Orient dont l’issue est pour le moins incertaine, le risque géoéconomique remet en question la politique énergétique des états aux quatre coins du monde. Dans une économie globale interconnectée à tous les niveaux, le simple blocage d’une voie maritime jusqu’ici plutôt obscure a suffi pour créer une disruption aussi soudaine que majeure. Certains experts estiment qu’elle pourrait perdurer durant des mois, voire des années. Pour l’Europe et la France, le détroit d’Hormuz est devenu le symbole d’une vulnérabilité dont, jusque récemment, on n’avait guère pris la vraie mesure. L’impact sur les prix de l’énergie risque d’être sévère, et l’histoire des crises énergétiques est claire : on ne revient jamais entièrement à la situation antérieure. En d’autres termes : une fois la crise passée, l’énergie restera plus chère qu’avant. Cela ne vaut pas simplement pour les énergies fossiles et les pays directement affectés : le principe de l’offre et de la demande tend vers un impact indifférencié et global. L’autosuffisance totale des États-Unis en matière d’hydrocarbures ne les a pas mis à l’abri de hausses drastiques de carburants. Et tout porte à anticiper le renchérissement, ne serait-ce que par contrecoup, des énergies renouvelables et de l‘énergie nucléaire. Dans un tel contexte, une isolation thermique haute performance prend tout son sens. C’est tout particulièrement vrai de l’ITE, dont l’efficacité énergétique, basée sur le principe de l’enveloppe, est inégalée. En effet, la vraie question n’est plus de savoir quel système de chauffage et quel type d’énergie sont à privilégier. En fait, la réponse qui s’impose découle de deux constats élémentaires : la meilleure façon d’économiser l’énergie est d’en utiliser le moins possible, et la meilleure façon d’y parvenir est d’isoler le mieux possible. Pour maximiser l’indépendance énergétique, minimiser l’impact des crises géoéconomiques à venir et prévenir durablement les risques de précarité énergétique dans un environnement volatile, la priorité la plus logique est de généraliser l’accès à une isolation thermique au meilleur niveau. Quelles que soient les évolutions géopolitiques et géoéconomiques du futur, elle ne perdra jamais sa pertinence. Sa pertimence fonctionnelle est déjà incontestable. Sa pertinence économique et stratégique, selon toute vraisemblance, ne fera qu’augmenter au fil des prochaines années.

Une nouvelle fois, six fédérations impliquées directement dans l’isolation thermique sonnent l’alarme : les options que reflètent la plus récente mouture de la Stratégie Nationale Bas-Carbone, la SNBC 3, et la PPE 3 (Programmation Pluriannuelle de l’Energie) pour la période 2026 - 2035 risquent de mettre en péril divers aspects clés de la transition énergétique. Pour le Mur Manteau, l’AFIPEB, l’AICB, Exiba France, le FILMM et le SNPU, les orientations du gouvernement privilégient une vision à court terme, où se dessine une dérive préoccupante de la politique énergétique de la France : elle s’éloigne à grands pas de son statut de priorité stratégique pour devenir une variable d’ajustement budgétaire. Or c’est à long terme qu’il faut raisonner, tout particulièrement en termes d’isolation thermique, dont les effets bénéfiques perdurent pendant des décennies. Alors que la précarité énergétique continue d’affecter des millions de nos concitoyens, que les effets d’une isolation déficiente sur la salubrité des logements sont bien connus et que la volatilité de la situation internationale fait peser une lourde menace sur les coûts et la fiabilité des nos approvisionnements en énergie, la pertinence d’une politique vigoureuse en faveur de l’isolation thermique des bâtiments tombe sous le sens. Sans compter le poids économique que pèse la filière, avec près de 70 000 emplois qualifiés, largement à l’épreuve des risques de délocalisation et très fortement ancrés dans le tissu industriel français. Face à une situation plus que jamais préoccupante, les six fédérations précitées ont adressé aux pouvoirs publics, le 23 février dernier, un appel urgent à mettre en place « une politique publique volontariste, stable et lisible ». Un telle politique est le prérequis d’une décarbonation réussie, d’une transition équitable et juste, et d’un avenir industriel maîtrisé. Pour retrouver le texte intégral du communiqué de presse et de la lettre ouverte, cliquez sur les liens ci-dessous.

Avec cette nouvelle série de vidéos didactiques, le Mur Manteau s’adresse en priorité aux nouveaux venus à l’ITE, mais rappelle également aux entreprises de pose, sur un plan plus général, l’importance de bien respecter toutes les étapes de mise en œuvre, de soigner les détails, en particulier au niveau des points singuliers, et de bien tenir compte des spécificités qui caractérisent les différentes variantes au sein des systèmes d’Isolation Thermique par l’Extérieur. Les huit nouvelles vidéos sont disponibles dès à présent sur la chaîne YouTube du Mur Manteau ( https://www.youtube.com/@MurManteau ). En parallèle, un accès spécifique par thème est proposé sur la page Système du site . Les vidéos de la Saison 2 offrent une introduction à la pose d’un ETICS dans trois nouvelles variantes d’isolants – fibre de bois, laine de roche et mousse résolique. Par ailleurs, elles présentent divers cas particuliers couramment rencontrés sur les chantiers d’ITE, sans oublier une étape préalable essentielle : l’évaluation précise du support sur un chantier de réhabilitation en ITE.

En page 149 du document de synthèse élaboré par le gouvernement pour présenter son Projet de Stratégie nationale bas-carbone n°3, le titre et les orientations du chapitre consacré au bâtiment sont prometteuses : « Rénover le parc de bâtiment (sic) pour réduire les émissions, améliorer le confort des occupants et réduire les factures énergétiques ». Les mesures concrètes, en revanche, le sont moins – à commencer par une baisse de presque 65 % des objectifs annuels de rénovation d’ampleur . Au lieu de 700 000, on vise désormais 250 000 ! Personne n’ignore, pourtant, que pour réduire vraiment la précarité énergétique et éliminer les passoires thermiques, la rénovation d’ampleur est incontournable. Elle est seule à assurer les gains requis en matière de performance énergétique. Parmi les explications avancées pour justifier ce recentrage massif, la pénurie de main d’œuvre suscite une certaine perplexité . La FFB, en particulier, dénonce une analyse très contestable, en soulignant que le véritable frein pour les entreprises est à chercher du côté des dispositifs d’aide et des primes incitatives. Leur géométrie variable – et particulièrement celle de MaPrimeRénov’ – a tout pour décourager les entreprises prêtes à étoffer leurs structures. Sans stabilité, sans cohérence et sans visibilité à moyen terme – sachant que les aides, ou leur absence, affectent directement la dynamique de la rénovation énergétique – les risques pour les PME et les TPE du secteur deviennent disproportionnés. Par ailleurs, le nouveau projet fait de la PAC le levier décisif de la décarbonation dans l’habitat . Sur le plan de la stricte logique, dans un pays qui mise depuis plus d’un demi-siècle sur l’énergie nucléaire et hydroélectrique, c’est un raisonnement défendable au niveau macroéconomique et stratégique : une réincarnation contemporaine du ‘tout-électrique’ dont on nous vantait les mérites dans les années 1970. Sur le plan de la pertinence fonctionnelle, c’est une priorité inepte. Dans la pratique, on installera des PAC fortement surdimensionnées pour pallier les déperditions énergétiques de bâtiments qui resteront non isolés, et donc sujets à l‘inconfort d’hiver des ‘murs froids’ comme à la surchauffe estivale inévitable dans un logement dépourvu d’isolation thermique. Enfin, le Projet SNBC N°3, suscite l’émoi sur le plan social. Il fait notamment peu de cas de la précarité énergétique des ménages les plus modestes, en ignorant une réalité fondamentale : seule la diminution de la consommation d’énergie assure – dans tous les cas de figure – une diminution des dépenses énergétiques. Or sans isolation thermique de l‘enveloppe du bâtiment, une baisse de la consommation est illusoire. Le résultat ? Des ménages modestes qui participeront certes à la décarbonation, mais sans réduction significative des charges financières liées au chauffage de leur logement : l’expérience prouve que la passage d‘une énergie de type fossile ou biomasse à un chauffage par PAC ne génère souvent qu’une réduction très marginale des coûts. Autant dire que pour les plus modestes d’entre-nous, cette itération n°3 de la SNBC, n’apportera pas, a priori, d’amélioration significative. Ils continueront, confrontés à des dépenses qui excèdent leur budget, de vivre dans la précarité et l’inconfort.

Philippe Boussemart, Président du Mur Manteau et quatre autres experts du bâtiment ont partagé leur expertise dans le cadre de la Masterclass RENODAYS 2025 sur le thème de l’IT E Pour cette seconde édition du Forum RENODAYS, les professionnels du bâtiment, de l'immobilier, les acteurs institutionnels et les territoires se sont mobilisés tous pendant deux jours, à Paris Porte de Versailles, autour d'un même but : répondre efficacement aux objectifs nationaux de rénovation énergétique des bâtiments. Un thème majeur : le choix de la durabilité En 2025, le Forum RENODAYS a offert deux nouveautés : Le secteur tertiaire intègre désormais le forum et complète l’offre proposée sur RENODAYS pour inclure la totalité des bâtiments du parc. RENODAYS part en région ! À travers une tournée de 8 dates – et au-delà du grand rendez-vous à Paris Porte de Versailles les 7 et le 8 octobre 2025, RENODAYS partira à la rencontre des territoires pour échanger avec les acteurs locaux sur les moyens de massifier la rénovation d’ampleur.

Dans un communiqué de presse paru le 5 septembre 2025, les ténors institutionnels de la filière de l’Isolation Thermique par l’Extérieur ont manifesté un désaccord vigoureux avec un nouveau projet de décret qui – une fois encore – remet en cause l’efficacité et la finalité du dispositif d’aide le plus fondamental de la réhabilitation énergétique en France. Comme le précisaient Les Echos dans leur édition du 3 septembre dernier « Les professionnels ont été malmenés par les évolution incessantes depuis deux du dispositif MaPrimeRénov’ […} ». Cette nouvelle péripétie est susceptible d’aggraver encore la situation, de pénaliser les ménages prêts à engager des travaux, et de compromettre gravement, à plus long terme, les objectifs gouvernementaux en matière de développement durable. Paris, le 5 septembre 2025 COMMUNIQUÉ DE PRESSE Les représentants de la filière de l’Isolation Thermique par l’Extérieur alertent sur le projet de Décret MaPrimeRénov’ La filière française de l’Isolation Thermique par l’Extérieur (ITE) exprime son incompréhension et sa vive inquiétude face au projet de décret actuellement à l’étude, prévoyant l’exclusion de l’ITE des aides MaPrimeRénov’ à destination des chantiers monogestes. Cette mesure va à l’encontre des principes fondamentaux d’une rénovation énergétique efficace et durable, en même temps qu’elle remet en cause les engagements pris par le Gouvernement. Une mesure à rebours des principes de rénovation énergétique efficace Il apparaît illogique de prétendre lutter contre la précarité énergétique et le dérèglement climatique en agissant uniquement sur les équipements intérieurs, sans traiter au préalable l’enveloppe du bâti, dont l’ITE fait partie. Ce geste constitue en effet la première étape incontournable d’un parcours de rénovation cohérent, permettant d’une part de dimensionner correctement les systèmes actifs ainsi que les équipements intérieurs et d’éviter toute surconsommation d’autre part. Loin d’être un simple revêtement, il s’agit d’une solution structurelle, durable (60 ans de performance, sans remplacement) aux effets directs sur la santé des occupants, sur la qualité de l’air intérieur et du confort thermique, été comme hiver. Une performance de l’ITE démontrée à de nombreuses reprises Différentes études ont prouvé que l’ITE est l’une des solutions les plus performantes et durables pour assurer une rénovation énergétique efficace. D’après l’une des dernières en date, réalisée par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), en juillet 2025, une ITE combinée à l’isolation des combles permet de réduire de 38 % la consommation de chauffage, tout en améliorant le confort d’été (jusqu’à 100 degrés-heure évités). Les récentes analyses de l’Observatoire national de la rénovation énergétique (ONRE) confirment également que l’isolation des murs est le monogeste le plus performant, au regard des gains réels sur la consommation énergétique (étude juillet 2025, tableaux 5 et 6). Un revirement incompréhensible et dangereux qui affectera les ménages et la filière Cette mesure contredit directement les annonces gouvernementales de juin 2025, selon lesquelles les travaux monogestes, dont l’ITE, continueraient d’être éligibles à MaPrimeRénov’. Ce climat d’incertitude dissuade les ménages d’engager des travaux essentiels pour l’efficacité énergétique à long terme de leur logement. Par la même occasion, cette restriction met en péril toute une filière française d’avenir, soumise à des traitements inéquitables face à d’autres solutions moins pérennes, sans aucun fondement valable, créant ainsi de graves distorsions de concurrence. Les conséquences d’une telle mesure seront donc dramatiques pour le secteur du bâtiment, qui semble pourtant au coeur des préoccupations du Gouvernement si l’on en croit les dernières prises de parole. Notre demande : maintenir l’ITE dans MaPrimeRénov’ Au regard de l’urgence climatique, de la nécessité d’assurer une souveraineté industrielle et du besoin de clarté et de visibilité pour l’ensemble des Français, nous demandons la suppression de l’article excluant l’ITE des chantiers aidés en monogeste. Liste des Signataires Nicolas BLANGY, Président de l’Union Professionnelle des Métiers de la Finition (UPMF) Philippe BOUSSEMART, Président du Mur Manteau Pascal COPPENS, Président du Syndicat Français des Joints et Façades (SFJF) Joaquim CORREIA, Président de l’Association Française de l’Isolation en Polystyrène Expansé dans le Bâtiment (AFIPEB) Gérald FAURE, Président de la Chambre Syndicale Française de l’Étanchéité (CSFE) Guillaume FREMAUX, Président du Syndicat des Industries des Peintures, Enduits et Vernis (SIPEV) Philippe GRUAT, Président de l’Association Française des Industries des Produits de Construction (AIMCC) Stéphane LAMBERT, Président du Syndicat National des Bardages et Vêtures isolés (SNBVI) Laurent LE NOC, Président de l’Union nationale des Entrepreneurs d’Enduits de Façade (UNEEF) Patrick MAILLARD, Président de l’Union des Métiers du Bois (UMB) Jacques MENICUCCI, Président de la Fédération des industries des peintures, encres, colles, couleurs et résines (FIPEC) Bruno POILPRÉ, Président du Groupement Isolation Thermique par l’Extérieur (FFB GITE) Patrice RENOUD, Président du Syndicat National de l’Isolation (SNI) Olivier TROUSSICOT, Président du Syndicat National des Mortiers Industriels (SNMI) Contact : Frédéric Boisse – Délégué général du Mur Manteau et du SNMI info@mur-manteau.fr https://www.mur-manteau.fr

Dans une publication en ligne actualisée le 24 juillet 2025, le gouvernement annonçait une réouverture le 30 septembre prochain du guichet de demande de subvention MaPrimeRénov’ ‘Rénovations d’ampleur’ destinée aux particuliers – dont la suspension était intervenue le 23 juin 2025. La suspension survenue en juin n’a affecté, en revanche, ni le dispositif MaPrimeRénov’ Copropriété, ni les aides destinées aux interventions dites ‘monogeste’ ; leur l’accessibilité, dans les deux cas, n’a pas été interrompue, et leurs modalités resteront inchangées jusqu’à fin 2025. Selon les termes du communiqué, « L’accès à ce soutien financier [à destination des particuliers] sera alors restreint, et les modalités du dispositif modifiées ». Le gouvernement précise que le budget total disponible pour 2025, soit 3,6 milliards d’euros, ne peut être dépassé «… compte tenu de la contraine budgétaire de la France ». Rappelons que depuis le début de l’année 2025, plus de 65 000 demandes ont été déposées. Selon les indications du gouvernement, plus de 20 000 parmi les dossiers déposés ont un caractère frauduleux suspecté ou avéré. Si tel est effectivement le cas, force est d’admettre que les tentatives de fraudes sont massives… À compter du 30 septembre et jusqu’à la fin de l’année 2025, un quota de 13 000 dossiers maxi. a été fixé – un chiffre sensiblement inférieur au nombre de dossiers déposés pour le seul mois de juin dernier. Au cas où le nombre de demandes excèdera le quota – ce qui est probable, a priori – l’excédent pourra être pris en considération en 2026… si le programme d’aide est reconduit (selon des modalités qui restent à définir). Pour tous les nouveaux dossiers déposés à compter du 30 septembre, des critères et des montants modifiés seront applicables. Ainsi, lors de la réouverture de MaPrimeRénov’ ‘Rénovations d’ampleur’ —> seuls les ménages très modestes seront éligibles (hors Île-de-France, cela correspond à un RFR – revenu fiscal de référence – inférieur à 1430 euros/mois pour une personne seule). En fonction de la « dynamique de dépôt » (sic), un élargissement aux ménages est envisagé ultérieurement. —> seules les passoires thermiques (étiquettes énergétiques E, F et G) seront éligibles. —> le plafond initial des travaux subventionnables – 70 000 euros – est abaissé à 40 000 euros pour un gain de trois classes énergétiques et à 30 000 euros pour un gain de deux classes. —> le bonus de 10 % dit ‘sortie de passoire’, applicable aux logements classés F et G, est supprimé . —> l’instruction des dossiers déposés entre le 30/9/2025 et le 31/12/2025 sera différée au 1 er trimestre 2026 « sous réserve de vote de la loi de finances [2026] ». Le critère d’éligibilité de base reste pour sa part inchangé : pour pouvoir prétendre à une aide dans le cadre de MaPrimeRénov’ ‘Rénovations d’ampleur’, il faut soumettre un dossier qui inclut au moins deux interventions concomitantes à choisir dans une liste de 6 opérations – isolation (mur, toit, plancher bas, menuiseries extérieures), ventilation ou renouvellement du système de chauffage ou de production d’eau chaude sanitaire par un dispositif éligible selon la liste en vigueur. En parallèle, le gouvernement a annoncé qui les fraudeurs seraient poursuivis avec une vigueur nouvelle et sur la base de la loi du 30 juin 2025 centrée sur la lutte contre les fraudes aux aides publiques. À noter : cette loi ne vise pas spécifiquement les programmes d’aide à la rénovation énergétique, mais elle leur est applicable. Elle se fonde sur des échanges de données intensifiés entre les diverses instances publiques impliquées et inclut des pénalités plus sévères en cas de fraude constatée.

